50e anniversaire du MAC !

Actualités | 14 juillet

Le Mouvement Action-Chômage de Montréal fête cette année ses 50 ans d’existence !

ROMAN FEUILLETON DU MAC

Pour souligner cet heureux anniversaire et découvrir la riche histoire de notre organisme de défense des sans-emploi, nous lançons aujourd’hui (1er mai), le roman-feuilleton Le MAC, 50 ans de lutte.

Chaque mois, deux (2) nouveaux épisodes plein de rebondissements vous seront proposés.

Chapitre 1 : La Maison du chômeur (1970-1971)

Chapitre 2 : Le Local populaire (1972-1974)

Chapitre 3 : L’autonomie du MAC et les contre-réformes de Trudeau père (1974-1979)

Chapitre 4 : Le calme avant la tempête (1980-1987)

Chapitre 5 : Le hachoir à viande (1988-1993)


HOMMAGE AUX MILITANT.E.S

Jean Pilon

Emprisonné en vertu de la Loi des mesures de guerre durant la crise d’octobre 1970, Jean Pilon profite de sa détention pour réfléchir à un projet d’autogestion pour aider les chômeurs de son quartier, Saint-Henri. Dès sa sortie, il fonde la Maison du chômeur, un lieu où les chômeurs peuvent s’organiser, manger, socialiser, voir un médecin, mais aussi travailler dans plusieurs ateliers pour ensuite vendre leur produits et ainsi arrondir leur fin de mois.

Si la Maison du chômeur cesse ces activités en juin 1971 après avoir été évincée de ses locaux rue St-Jacques, Pilon ne désespère pas et continue sa lutte pour la dignité des sans emploi.

Il fonde en 1972 le Local populaire à Ville-Émard, qui aide familles pauvres de Saint-Henri avec leurs problèmes de chômage, d’aide sociale, de logement, etc. En 1973, le Local populaire se divise. Une partie s’affilie à la CSN et se consacre à l’assurance-chômage, avant de devenir le Mouvement Action-Chômage de Montréal l’année suivante.

De son côté, Pilon reste à Ville-Émard et se consacre à l’aide aux sinistrés (victimes d’éviction de logement, du froid, des incendies, etc) jusqu’en 1974.

Michel Dansereau

Michel Dansereau (à droite sur la photo), enseignant de formation, commence à s’impliquer dans la défense des sans-emploi après avoir lui-même connu les difficultés du chômage. Impliqué à la CSN, il est ensuite nommé arbitre (partie syndicale) au Conseil arbitral de l’assurance-chômage.

En 1972, il s’unit à Jean Pilon et plusieurs militant.e.s pour fonder le Local populaire du Sud-Ouest de Montréal dans Ville-Émard, qui lutte pour le droit au travail et au logement.

Très vite, il organise plusieurs occupations de bureaux de chômage par semaine, ce qui lui coûtera son poste au Conseil arbitral. Ces « invasions », faites seul ou en groupe, sont couronnées de succès et les prestataires en ressortent presque toujours avec leur chèque, parfois en retard de plusieurs mois…

En octobre 1973, il annonce avec Michel Chartrand (CSN) la création d’un service d’information aux chômeur.se.s. Le 1er juin 1974, ce service devient autonome du Local populaire. Le Mouvement Action-Chômage était né !

Dansereau quitte le MAC dans le tumulte en 1976 pour des questions idéologiques et personnelles. Il fonde un groupe concurrent, le Comité de mobilisation et de lutte ouvrière (CMLO), qui ira jusqu’à voler le MAC dans la nuit ! Le geste est condamné par le Conseil central de la CSN et tous les documents sont rendus au MAC. On perd alors la trace de Dansereau…

La collective des femmes du MAC

En février 1977, le MAC s’interroge sur la faible présence des femmes dans l’organisme. Son Comité des militants actifs permanents ne compte qu’une seule femme, Lucie Hillman, sur 8 membres…

Dès 1978, les militantes du MAC se mobilisent contre les mesures Cullen (C-14) un projet de loi particulièrement dommageable pour les travailleuses-chômeuses (création de la DEREMPA , pour les initié.es !). Celles-ci perdront par dizaines de milliers leur droit à l’assurance-chômage à l’adoption de la loi en 1979. Voici un extrait de leur analyse:

« Encore cette année, la propagande sexiste de l’État et des patrons attaque les femmes sur la question du chômage. Même si le chômage atteint plus durement les femmes que les hommes, on attribue au retour des femmes sur le marché du travail la hausse du taux de chômage. On considère leur apport à la population active comme marginal et secondaire. Les préjugés qui veulent que les femmes soient la cause du chômage et qu’elles n’ont pas besoin de travailler sont faux et visent à diviser les femmes et les hommes dans leurs luttes pour une vie dans des conditions décentes. Le MAC de Montréal tient à dénoncer cette propagande sexiste. »

En 1981, la Collective des femmes du MAC est officiellement créée. Malheureusement, les archives de l’époque comportent très peu de détails sur ses membres. C’est pourquoi nous leur rendons aujourd’hui hommage collectivement.

Sur la photo en haut, prise à l’occasion de la manifestation de la Journée des droits des femmes, le 8 mars 1981, on retrouve de gauche à droite. Marie Léger, Marjolaine Bovin, Carole-Anne Lavoie, Ginette Thibault, et une militante dont nous avons malheureusement perdu la trace.

Jacques Forget

Jacques Forget a commencé à militer au MAC à la fin des années 70.

Le 27 avril 1979, il devient officiellement « militant actif permanent » et travaillera au MAC jusqu’en 1982, avant d’occuper le poste de président du C.A. de 1986 à 1988.

Il a ensuite travaillé au Popir Comité-Logement pendant plusieurs années.

Sur la photo, il étrenne la nouvelle bannière du MAC en vue de la manifestation de la Fête des travailleurs et travailleuses.

La photo a été prise le 1er mai 1981 devant les anciens bureaux du MAC au 1015 Sainte-Catherine. Malheureusement, nous ne pouvons identifier avec certitude la personne à droite.

Gaétan Guérard

Gaétan Guérard a commencé à militer au MAC en 1986 au sein du comité service. Il a ensuite été permanent jusqu’en 1990. Il a poursuivi son implication au sein du C.A. du MAC jusqu’à 1995, avant de devenir avocat et conseiller syndical.

À l’occasion du 30e anniversaire du MAC, il écrivait : « J’ai beaucoup donné au MAC, mais j’ai beaucoup reçu. Merci au MAC, aux personnes que j’y ai côtoyées. Longue vie au MAC qui défend les droits des gens et éveille les consciences ! »

Sur la photo, on peut voir Gaétan (à droite) en rencontre individuelle avec un prestataire en 1990. L’affiche sur le mur révèle bien l’état d’esprit du MAC face à un gouvernement Mulroney en plein deuxième mandat!

Outre la très impopulaire TPS, les conservateurs sont critiqués par les groupes de chômeur.ses pour leur accord de libre-échange avec les États-Unis fort dommageable pour le secteur primaire et leur retrait du financement de la caisse d’assurance-chômage.

Jean Sansregret

Si le MAC s’est établi dans la durée c’est beaucoup grâce à un militant hors pair, Jean Sansregret, qui y a travaillé avec acharnement durant près de trois décennies, soit de 1988 à 2013. Sans lui, le MAC ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui!

Merci Jean pour toutes ces années et de continuer à militer avec nous même à ta retraite!

(On voit ici Jean en compagnie de Anne Thibault du Comité logement de la Petite Patrie lors d’une manifestation contre l’austérité libérale le 31 octobre 2014).

Marcelle Tétreault-Gadoury

Au temps du coronavirus, on a pu être témoin de la compassion et de la solidarité. On a malheureusement aussi pu constater à quel point les conditions de vie des aîné.es sont déplorables.

Nous rendons aujourd’hui hommage à Marcelle Tétreault-Gadoury, une travailleuse qui s’est battue jusqu’en Cour suprême contre l’âgisme et le paternalisme à l’assurance-chômage. Dans les archives du MAC, on a retrouvé son histoire :

« Mme Tétreault-Gadoury, ayant eu 65 ans le 8 septembre 1986, s’est vu refuser son droit aux prestations d’assurance-chômage lorsqu’elle perdit son emploi le 19 septembre 1986 cela malgré le fait qu’elle répondait à toutes les conditions requises pour avoir droit à l’assurance-chômage. Mais il y avait une restriction à cette loi, soit le prestataire se devait d’être âgé de moins de 65 ans, en vertu de l’article 31 de la Loi sur l’assurance-chômage. Elle n’avait donc pas droit à ses prestations depuis 11 jours à cause de son âge.

Celle-ci s’est alors adressée au MAC qui aide les prestataires à faire reconnaître leurs droits. En collaboration avec l’étude de Campeau, Ouellet, Nadon et Lussier, spécialistes dans la sauvegarde des droits de travailleurs et travailleuses aux prises avec le chômage, un recours fut pris. »

Le 6 juin 1991, après 5 ans de combat, la Cour suprême du Canada donne raison à Mme Tétreault-Gadoury et déclare contraire à la Charte toute limite d’âge à l’assurance-chômage. Le juge Laforest écrit:

« La restriction fondée sur l’âge faisait perdre pour toujours à l’intimée le statut d’assurée sociale pour lui attribuer celui de pensionnée de l’État, même si elle est toujours en quête d’un nouveau travail. Sans égard à ses aptitudes et à sa situation personnelles, elle était stigmatisée comme faisant partie du groupe de ceux et celles qui ne font plus partie de la population active et véhiculait le stéréotype insidieux qui veut qu’une personne âgée de 65 ans et plus n’est plus réhabilitable sur le marché du travail »

La victoire est complète !

Sur la photo, prise lors du Colloque 91, Marcelle Tétreault-Gadoury reçoit les félicitations des groupes de chômeurs. Elle est accompagnée de son avocat, Jean-Guy Ouellet, lui-même un allié précieux du MAC depuis bientôt 40 ans.

William De Merchant

William De Merchant s’est d’abord impliqué sur le C.A., dont il a été le président. Il a ensuite travaillé au Mouvement Action-Chômage de Montréal du 5 février 1990 au 16 septembre 1994 et y a laissé sa marque en tant que plaideur et ardent défenseur des chômeuses et chômeurs!

Nicole Côté

Nicole Côté a travaillé au Mouvement Action-Chômage de Montréal du 20 novembre 1989 au 23 janvier 2004. Elle a laissé sa marque en faisant traduire le guide des Conseils pratiques aux chômeuses et chômeurs en plusieurs langues dont l’anglais, l’espagnol, le créole haïtien et l’arabe, ainsi qu’en donnant des formations spécifiques avec les travailleuses et travailleurs en francisation.

Nous la voyons ici lors du colloque de 1991 avec Jean Sansregret et Donald Richardson.

Martin Richard

Martin Richard est travailleur au Mouvement Action-Chômage de Montréal depuis le 22 juillet 1991 (plus de 28 ans de loyaux services!) et il est toujours aussi indigné par les injustices que lors de sa première journée de travail! Merci Martin de garder la flamme de l’indignation!

On le voit ici (chemise blanche) le samedi 14 mai 2016 lors de la journée de réflexion 《Exigeons un vrai régime d’assurance-chômage!》 en compagnie de Marie-Hélène Arruda (alors coordonnatrice du Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi), Patrick Rondeau (alors responsable du dossier de l’assurance-chômage à la FTQ), Jean-Yves Joannette (alors coordonnateur de la Trovep montréal), Jean-François Delisle (qui est militant au MAC de Montréal depuis les années 1990) et Jean Ayotte (du Comité Chômage de l’Est de Montréal).

Hans Marotte

S’il y a quelqu’un qui a laissé sa marque au Mouvement Action-Chômage de Montréal c’est certainement Hans Marotte! Arrivé au MAC de Montréal en 1993 comme stagiaire en droit, Hans a continué à s’impliquer comme membre du conseil d’administration et comme travailleur salarié du 4 novembre 1996 au 5 août 2016 (plus de 23 ans d’implication au MAC de Montréal!). Tout au long de ces années Hans a été reconnu comme défenseur de la veuve et de l’orphelin, n’ayant pas peur de prendre les causes les plus difficiles!

On le voit ici lors d’une des nombreuses manifestations de l’année 2012 lors de laquelle Hans porte la voix du MAC de Montréal en solidarité avec les revendications étudiantes de l’époque.

Jacques Beaudoin

En 50 ans d’existence, les membres du Mouvement Action-Chômage de Montréal n’ont jamais hésité à braver le froid pour lutter pour un meilleur régime d’assurance-chômage. Comme sur cette photo du 27 février 2013 où on voit Jean Ayotte (du Comité Chômage de l’Est de Montréal), Jacques Beaudoin, Robin Bélanger et José Bazin devant les bureaux de Service Canada au Complexe Guy-Favreau pour s’opposer au saccage de l’assurance-chômage par la réforme Harper.

Milèva Camiré

Milèva Camiré a débuté son implication au MAC à l’occasion d’un stage de droit en milieu communautaire, en 2012-2013, en plein saccage de Harper. Reçue au Barreau en 2015, elle est aujourd’hui avocate à l’aide juridique.

Sur la photo, on peut voir Milèva (à gauche) le soir de sa première élection au C.A. du MAC, à l’assemblée générale du 17 juin 2014. Sont aussi présentes sur la photo Norma Bakhos et Louise Dufour, deux militantes impliquées depuis de nombreuses années au MAC.

En 2016, Milèva devenait présidente du C.A. et occupe ce rôle encore aujourd’hui.

Merci Milèva pour toutes ces années d’implication et de mobilisation !

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