Bon 1er mai quand même…

Textes et analyses | 1 mai

Le 1er mai, la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs témoigne des luttes ouvrières actuelles et passées visant l’amélioration de nos conditions de travail. Rappelons que cette date a été choisie pour ne jamais oublier le massacre de Hay Market du 1er mai 1886, faisant 1 mort et une dizaine de blessés, à l’occasion d’une grève générale déclenchée à travers les États-Unis pour exiger la journée de travail de 8 heures.

En ce 1er mai 2020, au temps du coronavirus, un triste constat s’impose : on veut faire porter le poids de la crise aux travailleur.ses.

Fin mars, au début, le temps était à la bienveillance et une bonne partie de travailleur.ses devait être protégé du fléau. La situation était incontrôlable, tout le monde était touché. Les sans-emplois n’étaient pas encore vu comme responsables de leur malheur ou de sales profiteurs de prestations. Tous comprenaient la dure réalité d’une perte d’emploi, la sienne comme celles des autres.

Depuis, le ton a changé. Les grands médias rapportent que la Prestation canadienne d’urgence (PCU) de 2000$ est un désincitatif au travail que le gros 1250$ par mois aux étudiants et étudiantes est une honte et que ces parasites du système n’ont juste pas assez de coeur au ventre pour aller travailler. Il nous faut de la main d’œuvre bon marché dans les champs, dans les abattoirs, dans les transports, dans les épiceries, sans oublier les CHSLD.

Cette crise a mis en lumière les conditions merdiques de tous ces travailleurs, mais surtout de ces travailleuses, sous payé.e.s et souvent issu.e.s de communautés culturelles. Ces gens ne doivent surtout pas arrêter de travailler en raison d’un petit virus qui a mis K.O. l’économie !

Maintenant, pour les autres, la pause a assez durée. Les questions de santé, de sécurité et de liberté de travail retrouvent leur rang, loin derrière l’impératif économique.

« La peur du coronavirus ne sera pas suffisante pour justifier un refus de travailler lors de la réouverture de l’économie québécoise. Le retour sera obligatoire pour les employés à moins qu’ils évoquent une situation particulière(…)  »

– Jean Boulet, ministre provincial de l’Emploi

Le problème fondamental n’est pas que les gens ne veulent pas travailler, mais plutôt qu’ils encaissent de plein front les effets de la crise. Problèmes de logement, chômage de masse, endettement, violence conjugale, maladie, accès aux services : les inégalités se creusent, les gens ont peur et certains peinent à joindre les 2 bouts.

On veut nous faire croire que ces situations sont des problèmes individuels et que la réponse à ces maux est d’aller travailler. Travailler est une chose mais travailler dans n’importe quel domaine, travailler à n’importe quelle condition, en est une autre.

Bref, l’économie a assez attendu et les banques, elles, n’attendent jamais.

Bon 1er mai quand même…

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